Thomas Gimie, la force de l'expérience

Il y a 25 jours

Des compagnies de théâtre du Sud-Est de la France à la direction des tournois de poker les plus prestigieux du monde, Thomas Gimie a connu un parcours tout sauf linéaire et a su s'imposer dans une industrie du poker en constante évolution. Portrait d'un homme d'expérience devenu une référence dans son domaine.

De Barcelone aux Bahamas en passant par Marrakech, Prague et Paris, Thomas Gimie est le directeur de tournoi que tous les organisateurs s'arrachent. En l'espace de quelques années, le Français s'est imposé dans un domaine fortement concurrentiel et est devenu une figure incontournable de l'industrie du poker live à l'international. Grâce à sa prestance, sa rigueur et son professionnalisme, le trentenaire a grimpé tous les échelons jusqu'à s'imposer au plus haut niveau.

Des scènes de théâtre aux tables des cercles de jeux

C'est à Arles, dans le Sud-Est de la France que Thomas Gimie a grandi. « Je m'y suis même réinstallé il y a 5 ans, raconte-t-il. J'ai bercé toute ma jeunesse dans l'univers du théâtre, ma passion première. J'ai fait partie de différentes compagnies à Aix-en-Provence, Marseille etc et j'ai même participé au festival d'Avignon. » Après de brèves études en philosophie, le vingtenaire monte à Paris pour rejoindre le Cours Florent. « Forcément, ce n'était pas le même train de vie donc j'ai eu besoin de chercher un boulot alimentaire, poursuit Thomas. Nous sommes en 2005, en plein boom du poker et j'y joue avec des amis. Je donnais les cartes un peu moins mal que les autres ! »

Les cercles de jeux à Paris prospèrent et embauchent, le jeune Thomas se renseigne sur le métier de croupier et intègre le centre de formation IFCP (Institut de Formation des Croupiers de Poker) avant de connaître sa première expérience dans un cercle. « C'était affreux, confie-t-il. Mais ce qui m'a plu, c'est de découvrir le poker de tournoi et surtout l'événementiel. » En août 2007, le poker est autorisé dans les casinos français. D'un coup, les tournois prolifèrent. L'IFCP est en charge de fournir des croupiers pour le premier tournoi de poker organisé dans un casino, par le Groupe Barrière à Deauville. « J'y suis embauché, explique Thomas. Nous sommes en novembre 2007 et je découvre un autre monde. Dans le magnifique cadre du Salon des Ambassadeurs, nous sommes bien logés, bien payés, de gros pourboires, des conditions idéales en somme ! »

Une ascension fulgurante

Thomas Gimie se met dans le créneau de l’événementiel et ne le quittera plus. Dans un marché émergent, il devient formateur dans les casinos pour les nouveaux croupiers, tout en continuant à donner des cartes. « Dans ce milieu, l'évolution se fait vite et naturellement. La cible, c'est bien sûr de travailler pour l'European Poker Tour, l'un des festivals internationaux les plus prestigieux. » De croupier pour toutes les marques, Thomas grimpe peu à peu les échelons et occupe les postes de superviseur puis floor et directeur de tournoi.

En l'espace d'une décennie, il assiste à l'évolution de l'industrie du poker live. « Au départ, les organisateurs étaient nombreux avec beaucoup d'opportunistes, raconte le TD. Mais la difficulté d'organiser un événement est souvent sous-estimée. Un manque de soin, d'attention dans les process s'est souvent fait ressentir. Cela a pris pas mal de temps pour que le milieu se professionnalise. Certains ont voulu créer leurs propres règles, avec des originalités pour se démarquer de la concurrence. Si le TDA était largement appliqué aux USA, la France et l'Europe ont eu un temps de retard. Petit à petit, nous sommes allés vers une uniformisation et les acteurs restants aujourd'hui sont ceux qui ont été les plus rigoureux. Les joueurs ont aussi été le juge de paix de tout ça. Ils ont choisi les organisateurs les plus fiables même si la mauvaise presse est facile. Enfin, les professionnels du jeu ont mis en lumière certains dysfonctionnements et les alertes de cette minorité ont été bénéfiques. »

Texapoker, un passage remarqué

Dans ce contexte, Thomas Gimie a assisté à l'évolution de l'entreprise Texapoker. « J'ai travaillé avec Apo il y a très longtemps comme croupier puis je l'ai aidé à recruter des croupiers. Il est indéniable que la marque a pris de l'envergure, assure Thomas. Il y a eu une vraie démarche de se structurer avec des process précis, une volonté qui a été renforcée à l'arrivée de Benjamin Camps comme directeur de tournoi. » Entre deux festivals à l'international, le TD mondialement reconnu vient officier sur la deuxième édition de l'APO 2500. « J'ai été flatté lorsqu'on m'a demandé de venir diriger ce tournoi au Casino de Divonne en octobre 2018. Je pense qu'il était important pour Texapoker de travailler avec un Français qui avait une bonne connaissance du milieu et une bonne image aussi en tant que professionnel. J'ai pu constater la volonté de se mettre à la page du haut-niveau et c'est avec plaisir que je reviendrai diriger un tournoi Texapoker. »


Benjamin Camps et Thomas Gimie

« J'ai vraiment adoré cette expérience, poursuit l'Arlésien. Je devais être à la hauteur de ma réputation. Je n'ai pu que constater que les équipes avaient tout à fait le niveau et cela m'a aussi permis de me reconnecter à la réalité à travers un état d'esprit d'équipe très humain. Texapoker est un acteur fondamental car il entretient une communauté locale de joueurs. Il propose un poker populaire et accessible qui tire les joueurs vers le haut à travers une expérience de jeu de haut-niveau. Cela prouve que la qualité n'est pas réservée à l'élite ! »

Un confinement philosophique

Comme tous les acteurs de l'industrie du poker live, Thomas Gimie a été touché de plein fouet par la pandémie mondiale de COVID-19. « Je n'ai pas à me plaindre néanmoins, assume-t-il. J'ai profité de ce temps de confinement pour reprendre mes études abandonnées en deuxième année de faculté de philosophie, avec des cours à distance. » Occupé certes, Thomas n'en oublie pas pour autant sa profession et un milieu du poker live qui lui manque. Pour lui, de nombreux défis attendent les organisateurs. « Évidemment, il faudra de nouveau former beaucoup de personnel mais quelque part tant mieux, cela voudra dire que les équipes ont réussi à faire autre chose, estime-t-il. Je pense que le poker reprendra d'abord localement avec des déplacements dans les casinos à moins d'1h de chez soi et des jauges de joueurs limitées. Il faudra passer par cette petite échelle pour voir le poker de tournoi renaître. Même si les WSOP seront un bon indicateur, les gros tournois internationaux, ce n'est pas pour tout de suite. » Une vision réaliste pour un homme d'expérience que l'on espère retrouver au plus vite à la direction de nos tournois préférés.

Crédit photo de Une Poker52

 

Thomas Gimie, la force de l'expérience